fabrication d'un parfum 2

Publié le par Brigitte M

L'enfleurage :

L'enfleurage  est une forme d'extraction utilisée en parfumerie.

Il repose sur le pouvoir d'absorption d'une huile essentielle par les corps gras.


Il existe deux types d'enfleurage :

  • l'enfleurage à froid
  • l'enfleurage à chaud

 

L'enfleurage à froid :

Cette technique permet de traiter des fleurs fragiles (comme les fleurs de jasmin) qui conservent leur odeur après la cueillette mais qui ne supportent pas la chaleur. La graisse inodore, souvent de la graisse animale raffinée, est étalée sur les deux faces en verre d'un châssis en bois. Après avoir été soigneusement triées, les fleurs sont piquées délicatement dans la graisse. Tous les jours, on retourne les châssis pour faire tomber les fleurs qui ont "cédé" leur essence aux lipides et on les remplace. La graisse absorbe l'odeur des fleurs pendant trois mois, jusqu'à saturation. Par cette méthode, 1 kilo de graisse peut absorber le parfum de 3 kilos de fleurs.

A la fin de l'enfleurage, on recueille la graisse avec une spatule. On fait fondre doucement cette pommade qui est ensuite décantée par traitement éthylique. La graisse parfumée est alors introduite dans une batteuse avec de l'alcool. Durant cette extraction, les molécules odorantes se dissolvent dans l'alcool. Le mélange est refroidi afin de pouvoir ôter la graisse appauvrie en essence par filtration. Après avoir éliminé l'alcool par distillation sous vide, en général à froid, on obtient ce que l'on appelle l'absolue.

Industriellement, cette technique a été abandonnée vers 1930 car il fallait une importante main-d'œuvre et un grand nombre de châssis. De plus, la graisse était difficile à manipuler car elle fondait dès qu'il faisait trop chaud.

 

L'enfleurage à chaud :

Déjà connu dans l'Antiquité par les Égyptiens, l'enfleurage à chaud ou digestion fut aussi pratiqué en France, à Grasse : on mettait à fondre de la graisse dans de grandes marmites chauffées au bain-marie et on y jetait les fleurs. On remuait le mélange pendant deux heures. Le lendemain, on enlevait les fleurs de la veille avec une passoire plate et on les remplaçait par des fleurs fraîches. On répétait au moins 10 fois l'opération. Lorsque la graisse ne pouvait plus absorber le parfum des fleurs, on filtrait pour séparer la graisse des fleurs. On obtenait une pâte parfumée appelée pommade que l'on traitait par la même technique d'extraction que pour un enfleurage à froid.

La rose centifolia, la violette, la fleur d'oranger et la cassie étaient traitées ainsi.



La fabrication du parfum :

Cette fabrication si mystérieuse et si fascinante passe par plusieurs étapes :

1ère étape :

C’est le travail du parfumeur qui, avec les trois grandes familles de produits (naturels, chimiques, synthétiques), va composer un mélange odorant. Ce mélange odorant constitue la base parfumée. C’est cette base parfumée qui sera ensuite diluée dans l’alcool.

2e étape :

Avant d’être mis en bouteille, le parfum est dilué dans l’alcool. Dans une cuve d’alcool, on ajoute la base parfumée, selon la concentration que l’on a choisi (5, 10, 15, 20 %…). Puis, on rajoute de l’eau pour compléter et ajuster le degré alcoolique.

A propos de la concentration :

La concentration n’est pas une notion figée. Car en fait, certaines fragrances requièrent d’être plus ou moins concentrées pour avoir leur efficacité maximale. Par exemple, pour un parfum de fleurs, l’odeur naturelle d’une fleur, que l’on peut sentir dans la nature correspond à une concentration assez faible. Le parfum réussi, c’est celui qui restitue au plus près les conditions naturelles d’olfaction.
La concentration est néanmoins une notion importante, car il s’agit de l’élément le plus coûteux, et un parfum qui n’est pas suffisamment concentré pourra être qualifié de trop «léger» et il lui sera souvent reproché de ne pas tenir.

3e étape :

Dès lors que ce mélange est effectué, intervient une étape importante, la macération. C’est le temps pendant lequel ce mélange va se stabiliser et donner au parfum toute sa puissance. Le temps de macération moyen nécessaire est de quelques semaines.

4e étape :

C’est l’étape du glaçage. Cette opération consiste à refroidir (glacer) le mélange pour durcir et précipiter les cires et éléments qui pourraient «troubler» le parfum. Puis, le mélange est filtré pour obtenir un parfum clair, sans dépôts.


A savoir :


Les parfums de synthèse :

Comme dans le textile, où les nouvelles matières comme le lycra ou le polyester ont permis de créer des vêtements aux propriétés diverses, la parfumerie tire aujourd'hui partie des progrès de la chimie.

Les molécules de synthèse n'ont pas complètement remplacé les matières premières naturelles, mais elles viennent compléter la gamme de fragrances à disposition du parfumeur. L'odeur de synthèse est parfois même plus fidèle, comme dans le cas de la rose.

De plus, certaines matières premières sont particulièrement difficiles à trouver (des fleurs qui ne poussent que quelques semaines par an, par exemple). Grâce à la synthèse, on peut obtenir un parfum stable et en grande quantité.

Pour autant, ce n'est pas forcément moins coûteux : certains mélanges nécesssitent une suite d'opérations complexes et longues : chloration, distillation, cyclisation, hydrogénation, estérification… Plus il y a d'étapes et plus le produit coûtera cher.


Rendez-vous sur Hellocoton !

Commenter cet article