Fabrication d'un parfum.

Publié le par Brigitte M

Comment fabrique-t-on un parfum ?


De la cueillette à la conception du jus, la matière première va subir plusieurs traitements, la première étant l’obtention de l’essence de la plante ou du fruit.
Si les Egyptiens comprirent très vite que les bois et les résines dégageaient de subtils parfums en brûlant, il fallut en revanche plusieurs siècles avant que l’on puisse transformer fleurs, fruits et plantes en essences, en absolus ou en résinoïdes. L’obtention de ces produits est le résultat d’une haute technicité acquise grâce à des outils qui n’ont cessé de se perfectionner. Bien des machines ont en effet dû être expérimentées avant d’en arriver aux ateliers d’extraction ou aux distilleries modernes.

L’obtention des essences :

La distillation :

La distillation est applicable seulement aux produits ne se décomposant pas à la chaleur (lavande, citronnelle, géranium), et à la fabrication des eaux de fleurs.
Ce procédé est fondé sur le principe de l’évaporation, puis de la condensation des liquides. Il repose sur la capacité de la vapeur d’eau à entraîner les huiles essentielles. L’outil utilisé est l’alambic. Son invention, entre le VIIIème et le Xème siècle, est attribuée aux Egyptiens dès le IVème ou le IIIème siècle avant Jésus-Christ.
Autrefois semblable à celui des bouilleurs de cru, l’alambic de parfumerie moderne est composé de trois parties : le corps de l’alambic, une cuve ovale sur la partie supérieure de laquelle se fixe un chapiteau ou col de cygne, lui-même relié au réfrigérateur, un serpentin en métal qui se trouve à l’intérieur d’une cuve remplie d’eau froide.
Le produit à distiller (fleurs, herbes, feuilles, branches, racines, mousses…) est chargé dans la cuve, sur les plateaux perforés. L’eau du bain-marie, qui représente au minimum cinq fois le poids en eau des végétaux, est portée à ébullition. La vapeur, chargée des principes odorants contenus dans la plante, s’échappe par le col de cygne et passe alors dans le réfrigérateur, où l’essence se condense.

  *  Pour extraire 1 kg d’essence de lavande, il faut distiller 200 kg de lavande.
  *  Pour obtenir 1 kg d’essence de néroli, on utilise 1000 kg de fleur d’oranger.
  *  Pour obtenir 1 kg de rose centifolia, plus de 3000 kg de roses sont nécessaires.

L’extraction :

Cette méthode utilise des solvants volatils.Elle a été découverte à la fin du XIXème siècle. Si la distillation est très efficace avec une fleur comme la lavande, les racines d’iris, le vétiver, le bois de santal ou les feuilles de géranium, elle ne donne pas toujours les mêmes résultats avec d’autres végétaux. Le rendement en huile essentielle est très faible, ou alors le produit obtenu est tellement altéré par rapport à l’odeur de la plante qu’il n’est pas exploitable. Pour remédier à ces problèmes et parvenir à traiter des fleurs comme la rose centifolia, le narcisse ou le mimosa, les techniciens ont mis au point un procédé dont le principe consiste à exploiter l’affinité de certains solvants avec les parfums contenus dans les matières premières odorantes. Dès le XVIIIème siècle, quelques chercheurs avaient essayé de mettre en application ce principe avec l’éther, mais les coûts de production étaient énormes et les solvants risquaient à tout moment de s’enflammer ou d’exploser. Les progrès de la chimie des hydrocarbures, conjugués à des règles de sécurité mieux définies, aboutirent à l’utilisation de solvants performants, principalement l’hexane et le benzène, choisis en raison de leur grand pouvoir de solubilisation et de leur volatilité, qui permet de les éliminer.
Après le chargement des plantes dans un extracteur, les solvants sont introduits par un système de vannes avant de permettre une macération. La matière végétale est ainsi épuisée par plusieurs lavages successifs aux solvants. Lorsque celui-ci est chargé en principes odorants, il est effectué une distillation partielle qui laisse un mélange pâteux, composé des molécules odorantes, des cires et des pigments. Ce mélange est appelé résinoïde quand il résulte du traitement de plantes sèches (racines, graines, mousses, baumes, gommes, résines…) et concrète lorsqu’il provient plus spécifiquement du traitement des fleurs. Débarrassée des cires insolubles, la «concrète» devient «absolu», base indispensable à toute composition de qualité. On obtient des produits extrêmement coûteux, en raison d’une part, de la technique employée qui nécessite un investissement important, et d’autre part, de la quantité élevée de fleurs nécessaire pour un faible rendement. Pour un kilo d’absolu de jasmin, il faut environ six millions de fleurs.

L’expression à froid :


Ce procédé est réservé aux matières premières appartenant à la famille hespéridée (oranges, citrons, mandarines…). Les huiles essentielles de ces fruits sont contenues dans les petites glandes de leur écorce. L’extraction de l’essence se fait par une mécanisation de pressage de ces écorces qui laissent s’échapper des gouttelettes. Avant cette mécanisation, les méthodes ont longtemps été artisanales. En Sicile et en Calabre par exemple, la bergamote et le citron étaient traités à l’aide d’un gant de cuir sur lequel étaient collés de petits bouts de pierre ponce. Les ouvriers striaient le fruit d’une main et récupéraient de l’autre l’huile essentielle sur une éponge qu’ils pressaient ensuite dans un seau. Cette méthode s’appelait la spugna.



Rendez-vous sur Hellocoton !

Commenter cet article